samedi 20 mars 2010

Va donc, toué!

J'ai failli hurler au meurtre cette semaine, à la suite d'une déclaration reçue d'un étudiant en science (J'ose pas dire Chimie, ou Physique, ou Biologie, ou autre, pour ne pas choquer les représentants de ces sciences, qui pourraient être gênés par les propos tenus par un de leur collègue.

Cette semaine, sur l'heure du dîner, j'attends l'autobus dans un petit arrêt perdu au milieu d'une rue peu passante. J'ai entre les mains Le Père Goriot, d'Honoré de Balzac, que je dois lire pour mon cours de littérature française. Je ne nuis à personne et ne dérange pas plus lorsque je vois arriver mon monsieur. Mi-vingtaine, sac à dos rempli, lunettes, cheveux noirs et barbe bien rasée... il est plutôt mignon. Lorsqu'il arrive à l'arrêt, il dépose son sac, me regarde, regarde mon roman, et entame la conversation:

Lui- C'est bon, heu... Balzac?
Moi- Pas si mal... je commence à peine alors je peux difficilement dire.
Lui- Ah... (Silence) T'étudies en quoi?
Moi- Bac en enseignement secondaire. Français. Et toi?
Lui- Science (que je ne nommerai pas)
Moi- Ah bon.
Lui- Bac en enseignement du français... ça doit être assez B.S. ça...

J'ai alors refermé mon livre, pris une grande respiration, penser à mille répliques assassines, avant de me dire que le mieux, c'était de rouvrir mon livre et de l'ignorer.

Lui- Ben voyons, prends pas ça d'même! Je dis juste qu'entre moi qui va trouver des remèdes contre des maladies, pis toi, qui va montrer des «poooèmes» à des flos, je vois facilement qui est le plus utile.

J'ai eu envie de lui arracher la tête et de lui faire bouffer ses yeux quand il m'a dit ça. Je n'ai donc pas pu continuer à être indifférente.

Moi- Je sais pas t'es qui pour dire des affaires de même, mais sans du monde qui font ma job, y'a pas grand monde qui ferait la tienne. Si tu sais pas lire pis écrire, c'est ben dur d'avancer dans la vie. Pis non, je fais pas juste lire des «poooèmes» à des adolescents.

Je ne crois pas que ce soit ma réplique, mais la fureur qui se dégageait de moi qui l'a fait taire. Ce devait être écrit dans mes yeux que s'il ne se taisait pas, j'allais griffer sa p'tite face de fendant.

Est-ce que c'est moi, ou est-ce qu'il faut vraiment être crétin pour commencer une conversation simplement pour caller la personne avec qui on parle? Heureusement pour nous deux, mon autobus est arrivé quelques secondes après l'incident. Je me suis donc assise toute seule, dans le fond de l'autobus, j'ai sorti mon mp3 et j'ai réouvert Balzac. J'étais encore enragée en arrivant au travail. Mais mes p'tits pous de quatrième année ont le don pour me faire rire... Ouf!


Heureusement que tous les scientifiques ne sont pas comme lui. Mais s'il-vous-plaît, si vous le connaissez, giflez-le de ma part.

5 commentaires:

  1. Pas mal imbécile... Ça donne le goût d'en écrire ça des «poooooèmes» :/

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  2. Oh, tiens. Un moron. Y en a un qui naît chaque seconde, à ce qui paraît. Et encore. C'est une estimation très conservatrice.

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  3. La fréquentation de Balzac lui aurait en peut-être appris un minimum sur l'art de se faire des amis et de se conduire en société.

    Votre silence vous honore.

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  4. Merci de votre appui, ça me confirme que j'ai bien fait de ne pas lui arracher les yeux (pourtant, ce n'est pas l'envie qui manquait!).

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