Il y a quelques années, lors de mon passage au secondaire, j'ai contracté la vilaine habitude de déposer devant la porte ma robe de chambre, pour étouffer la lumière, ouvrir ma lampe de chevet et lire jusqu'à ce que mon cerveau s'éteigne. Lorsque mes parents me surprenaient, j'avais toujours droit à la même histoire: je devais éteindre, tout de suite, et me coucher, pour être en forme pour l'école, le lendemain. Je passais deux ou trois jours sans lire puis hop! le naturel revenait au galop. Je détestais quand il m'attrapait en plein vol. Je ne sais combien d'histoires j'ai pu lire ainsi, en volant ce temps sur mon temps de sommeil. Je ne rêvais jamais si bien qu'en m'endormant entre deux chapitres d'un roman de Patrick Sénécal ou de Pierre Bottero...
Aujourd'hui, maintenant que je suis au baccalauréat et que, grâce à d'importantes rénovations, ma chambre n'est plus côte-à-côte avec celle de mes parents, mais à l'autre bout de la maison, je peux laisser mes lumières ouvertes sans problème, sans avoir à couvrir le jour entre le sol et le bas de la porte. Mes parents ont même décidés que j'étais maintenant une grande fille et que, si je voulais lire toute la nuit, j'étais responsable de moi-même et que je saurais reconnaître les limites. Cependant, aujourd'hui, lorsque la lumière reste allumée jusqu'aux petites heures du matin, ce n'est plus pour découvrir un meurtrier, arriver au château ou sauver le monde, c'est pour étudier de la grammaire, écrire une dissertation, remplir des feuilles d'observation, lire des recueils de textes peu liés les uns aux autres. Et maintenant que j'ai toute la liberté voulue, je l'utilise pour ce qui doit être fait. Alors lorsque j'éteins ma lumière, ça fait souvent quelques minutes à peine que j'ai fermé mes travaux scolaires. Mon ordi s'éteint tranquillement à mes côtés, et je dors avant même d'avoir pensé à grapiller quelques pages dans un bon roman.
Je n'ai jamais si mal dormi que cette session-ci. Heureusement, elle se termine dans six jours. J'ose croire que je reprendrai mes mauvaises habitudes cet été. Mais qu'en sera-t-il à l'automne? À l'automne, où je suis supposé avoir ma plus grosse session à l'université? J'en ai encore pour longtemps à mal dormir.
«Le temps de lire est toujours du temps volé. Volé au devoir de vivre.» -Daniel Pennac, Comme un roman.
Pénalité à Concordia: quelle bêtise!
Il y a 1 jour
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